Montmagny 2010

Comme l’année précédente, la Compagnie a planté ses tentes à Montmagny (95) à l’occasion de la fête qui y était donnée le 28 mars dernier. Il va sans dire que nous venions nous adonner à nos deux activités favorites : la ripaille et l’étripaille ! Nous étions d’ailleurs engagés pour la seconde, à savoir le free-fight en armure. Cette année, c’est avec quatre tentes que nous sommes arrivés. Il faut dire que nous étions seize, soit le noyau déjà soudé par les campagnes de l’an de Grâce 2009 mais également quatre nouvelles recrues : la gente Erin, le valeureux Elric, le bon Lightning (venu malgré une nuit d’orgie avec moult ribaudes) et le vaillant Tipiak. De nos combattants ne manquait que Thomas "Brisefer" de la Rouille, blessé au genou.

L’arrivée se fit dans la joie et la bonne humeur malgré un ciel mitigé, dès 8h pour les plus courageux. Les Lames du Moulin, une association amie, nous ayant demandé l’hospitalité de nos tente, ce fut l’occasion de montrer qu’à la CATA, notre esprit chevaleresque ne se limite pas à la prouesse mais comprend aussi la largesse ! Sitôt les tentes dressées, nos éclaireurs partirent inspecter la lice. Elle était en hauteur, minuscule et rendue glissante par les giboulées ; bref, un terrain exigu et détrempé, comparable à celui qui avait eu raison de notre chevalerie à Azincourt… Heureusement, il n’y avait aucun archer gallois parmi nous — bien qu’Elric ait profité de la fête pour s’entraîner à l’arbalète sur le pas de tir — et nul terrain, fut-il périlleux, ne fait reculer un combattant digne de ce nom ! On nous avait chargés d’effectuer deux pas d’armes.

Comme il fallait un enjeu au premier, il fut décidé que ce serait la damoiselle Olympe promue fille de Sa Majesté le roi Haakon dit Morghedron, notre président bien aimé et incontesté. Puis, à 12h30 précise et sans tenir compte du décalage d’une demi-heure du programme (car on avait oublié de nous prévenir !), la CATA prit possession de la lice, étendard déployé et sous les ovations de la foule.

Athena et Erin assuraient l’arbitrage tandis que votre serviteur était chargé de commenter les combats. Ils se déroulèrent avec la brutalité qui nous caractérise — la palme étant accordée à Kruggy qui manqua de projeter Dahut hors de la lice qui se trouvait à 1,5 m du sol ! Ce fut néanmoins Léo qui l’emporta et qui repartit sous les applaudissements, main dans la main avec la princesse.

L’étripaille fut suivie de ripailles et tout aurait été pour le mieux dans le joyeux royaume de la CATA sans la blessure de Garfield, victime d’une fracture ouverte de la main au cours du pas d’armes (car le combat que nous pratiquons est brutal, l’ai-je déjà mentionné ?). Rendons d’ailleurs hommage à ce valeureux frère d’armes qui n’émit aucune plainte de toute la journée malgré sa blessure et qui, ne pouvant plus combattre, permit à Llud de porter son armure au combat.

En outre, le sort semblant s’acharner sur nous, Sa Majesté fut victime d’une violente migraine qui le contraignit lui aussi à délaisser son armure, qu’il prêta à Lightning impatient d’en découdre malgré ses agapes de la veille… Le second pas d’armes vit donc s’affronter autant d’hommes d’armes que le premier, et même davantage puisque Sganarelle et moi-même rejoignîmes les combattants. Ce second tournoi eut lieu vers 16h, moment où les Compagnons venaient de se lever de table (ou presque). Cette fois, l’enjeu n’était plus une princesse mais… une saucisse qui avait survécu à la ripaille. C’est donc pour elle que les Compagnons s’affrontèrent et pour elle que Llud et Lightning connurent leur baptême du fer. L’enjeu fut finalement remporté par Kruggy au cours d’un combat titanesque contre Leo. Ne restait donc plus qu’à faire retentir notre cri de guerre plein de finesse et de subtilité et à regagner notre campement où les boissons fermentées, qui nous étaient jusque là interdites, nous faisaient de l’oeil depuis le matin.

Et il nous restait encore une heure pour faire quelques achats de matériel et de nourriture auprès des artisans de cette fête certes petite mais fort sympathique. Le reste de la journée se déroula sans événement digne d’être rapporté, si ce n’est un début de bagarre à grands coups de bancs et l’embourbement de la chariote d’Olympe venue récupérer ma tente et mon armure. Heureusement, l’esprit de fraternité et de camaraderie qui nous caractérise nous permit les deux fois de régler ces incidents plutôt drôles à la réflexion. Bref, ce fut une excellente fête que celle de Montmagny et nous attendons impatiemment l’édition de 2011 ! De son côté, Garfield passa sur le billard le lendemain et son courage face à l’adversité m’inspira ce petit poème : " Homme de bien dans sa chaumine, Garf entendit l’appel du roi : Il embrassa dame Céline Et chevaucha vers le tournoi. Verte et argent était sa cotte, Et sur son bouclier radieux Brillait le chardon dans sa motte, Héritage de ses aïeux. Il fut fêté par tous ses frères Sous le clocher de Montmagny. Et quand les trompettes sonnèrent, Fier et puissant, il combattit Pour la renommée de la Tour Et le gloire du roi Haakon. Il fit maints actes de bravoure Forçant de tous l’admiration. Mais le tournoi comme la guerre Sont temps cruels et de malheurs ! Malgré son armure de fer, Il fut blessé au champ d’honneur. Car quoi qu’en content les trouvères, Dure est la vie des chevaliers : Leurs os éclatent comme verre Sous les coups des grandes épées ! Il fut porté hors de la lice Mais sans jamais plaindre son sort. N’étant point ces héros factices Tremblant à l’idée de la mort. Ô gloire à toi, Garfield le Preux, Des enfants de la Compagnie, C’est bien toi le plus valeureux : Tu l’as prouvé à Montmagny. Nous allumerons un bûcher Qui brûlera et jour et nuit Jusqu’à ce que, remis sur pied, Tu regagnes le Compagnie ! "